Le complexe du fantasme

C’est une histoire presqu’aussi vieille que le monde. Celle de l’Être et de l’Avoir.
En fait non. C’est surtout l’histoire de l’Être. De l’Être, de l’avoir été et du vouloir être.

Selon la définition du Larouse, il s’agit d’une « Représentation imaginaire traduisant des désirs plus ou moins conscients spécialement en psychanalyse, scénario de l’accomplissement du désir inconscient. »

Selon le CNRTL c’est une « vision hallucinatoire »

Ce qui est intéressant c’est que le mot « fantasma » en espagnol signifie « fantôme ». En gros, quelque chose de mystérieux, de l’ordre du mythe, qui, sauf preuve scientifique contraire, n’existe pas ailleurs que dans les imagination les plus fertile.

Un fantasme serait dont quelque chose hors d’atteinte, d’irréalisable.

Quelqu’un m’a dit un jour que par essence, un fantasme était irréalisable, et qu’à partir du moment où il était réalisable, ce n’était plus un fantasme mais une envie. Selon cette personne, étant donné que 99% des fantasmes exprimés par les gens étaient de fait réalisables, les fantasmes n’existaient pas. Il n’y avait que des envies.

C’est une théorie intéressante et qui, outre sa véracité, soulève pas mal de questions. Qu’est ce qui constitue vraiment un fantasme? Qu’est ce qui fait qu’on le considère comme réalisable ou pas? Est ce qu’un fantasme peut devenir une envie et inversement? Est ce qu’un fantasme peut aussi être une envie selon le contexte et la personne qui le nourrissent ?

Pour ma part, ça m’avait laissé sceptique, jusqu’à ce que je me penche sur mes propres fantasmes. La première chose qui m’a frappé, c’est de réaliser que ce que je considère comme mes fantasmes aujourd’hui ne m’aurait même pas effleuré l’esprit il y a quinze ans. C’est très simple : je ne savais même pas que la plupart des images qui peuplent quasi quotidiennement mon imaginaire existaient !
Pour faire simple, je dirais que plus je vieilli, plus ils sont complexes et élaborés. Plus ma vie et mes expériences sexuelles s’étoffent, plus mes fantasmes vont loin et plus j’ai envie de repousser mes limites.
Et par limites, j’entends frontières. C’est comme si chaque nouvelle expérience était un nouveau territoire que je visite, explore voire habite jusqu’à ce qu’il n’ait plus de secret. Et quand ça arrive, mon attention se dirige vers d’autres territoires dont j’avais déjà entendu parler mais vers lesquels je n’avais jusqu’à alors ressenti le besoin d’aller.

Je ne suis ni psy ni sexologue, mais si le mécanisme des fantasmes est le même pour tout le monde, n’est-il pas dangereux de chercher à tout prix à le réaliser? Cela ne nous pousse-t-il pas à aller chaque fois plus loin ? Et où tracer la ligne ? À quel moment decide-t-on qu’un fantasme ne doit pas devenir une envie ?

Je me rends bien compte que je pose beaucoup de questions sans vraiment apporter de réponse. Ce n’est pas parce que je n’ai pas de réponse. C’est juste que je n’ai pas de réponse pour tout le monde. Je les ai pour moi et c’est déjà pas je trouve. À chacun d’évaluer sa propre situation et son état d’esprit. Je dirais juste ceci : je ne pense pas que tous les fantasmes sont faits pour être réalisés. Il est bon voire sain de conserver quelques rêves.

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