Toute à elle

Je m’arrête devant la porte de la chambre d’hôtel. Je tiens dans la main la carte – clé. Je l’avais reçue quelques jours plus tôt, scotchée à une carte postale annotée comme suit :

« Jeudi 8 juillet, 21h
Suite 814
Sois sexy. Et obéis. »

Un bon amant est celui à qui tu peux faire une confiance aveugle car il te connait : il sait ce que tu aimes, ce qui te rebute, tes envies ; il sait surtout ce qui te donnera du plaisir, même si ta tête et ta bien-pensance refusent de le reconnaître. Et il est un excellent amant.
Je me décide donc à ouvrir la porte.

Je glisse la carte dans le lecteur. Le voyant passe au vert et j’entre.
La chambre est grande. La porte donne sur un espace de réception avec un canapé, deux fauteuils placés à chaque extrémité d’une table basse, le tout faisant face à une console sur laquelle est posée un téléviseur. À droite, une porte coulissante donne sur un lit, très large et très haut. Je me demande si un marche-pied est fourni…
Je n’ose pas bouger. Mon regard balaie la pièce. Je sais par l’odeur d’ambre poudrée qui flotte qu’il y a quelqu’un d’autre avec moi. Une femme. Mais je ne vois rien. Le salon est dans une quasi pénombre. Tout juste un filet de lumière provenant de la chambre l’éclaire-t-il.

« Enlève ta culotte et viens t’asseoir par terre. »
Le voix me fait tressaillir. L’espace de quelques instants, la peur m’envahit et je sens mon rythme cardiaque s’accélérer. Après tout, la situation est des plus incongrues, voire dangereuses. Je fronce les sourcils pour essayer de voir à qui appartient cette voix.
« Je n’aime pas me répéter. Enlève ta culotte et viens t’asseoir au pied du lit »
Cette fois, c’est plus une injonction qu’une requête. J’entreprends de défaire les lanières de mes escarpins pour les retirer.
« Pas les chaussures. Juste la culotte. »
Je m’exécute. Je sens mes talons s’enfoncer dans l’épaisse moquette alors que je marche vers le lit. Je me penche pour m’asseoir par terre.
« Assois toi sur le lit. »
« Mais… »
« Sur le lit j’ai dit. »
La docilité n’est pas dans ma nature. Je serre les dents de colère et je grimpe tant bien que mal sur lit et m’assois, dos à la tête, face au salon.

J’aperçois une ombre qui s’avance tirant derrière elle ce qui ressemble à une chaise haute. Quand elle arrive dans l’encadrement, j’ai enfin tout le loisir de l’observer. Et j’en reste bouche bée. Les idées se bousculent dans ma tête. Est ce une femme? Je ne suis pas sûre que ce soit une femme. Mais ce corps… Cette silhouette… Ces jambes… Serait ce une trans?… M’aurait-il fait ce cadeau? Peu importe. Elle est magnifique. Grande, élancée, la peau dorée, les cheveux d’un roux flamboyant retenus dans un chignon négligé, les cuisses musclées et fuselées, les hanches larges, la taille fine, moulée dans une robe fourreau noire au décolleté outrageusement plongeant sur une poitrine voluptueuse, perchée sur des stilettos dont la hauteur du talon donnerait le vertige même à une Victoria Beckham. C’est très simple. Homme ou femme on s’en fout : elle est parfaite. De son visage je ne sais presque rien. Elle porte un loup en dentelle noire. Je ne vois que ces lèvres, généreuses sans être pulpeuses, à peine rehaussées d’un gloss nacré. Et elles ne sourient pas.

Elle vient s’asseoir en face de moi. Pendant ce qui me semble une éternité, elle ne fait que me regarder… Je commence à me sentir gênée.
« Relève ta robe »
Je remonte ma robe jusqu’à mon ventre.
« Écarte les cuisses »…
« Caresse tes jambes de la cheville aux cuisses… chuuut… Doucement…
À partir de maintenant tu ne parleras que si je te le demande, tu te caresseras où, quand et comment je te le dirai, tu ouvriras et fermeras les yeux quand je te le dirai » Tout en parlant, elle s’est levé et s’est lentement approchée de moi. « Hoche la tête si tu as compris »
Je hoche plusieurs fois la tête.
« Bien. Allonge toi… Du bout des doigts caresse l’intérieur de tes cuisses, à la naissance de ton aisne… Ferme les yeux »

Je frémis quand je sens ses lèvres se poser sur mes cuisses et les couvrir de baisers. Elle pose sa main sur la mienne et la guide encore plus à l’intérieur de mes cuisses. Sa main se fait moins appuyée lorsqu’on atteint mon bourgeon.
« Caresse toi. Montre moi comment tu aimes te donner du plaisir »
Encore une fois, je m’exécute. De la pointe de mon majeur je fais de petits cercles sur mon clitoris. De temps en temps je descends vers mon vagin pour y tremper mon doigt, puis j’en reviens pour titiller un clito de plus en plus sensible et gonflé. Pendant tout ce temps, sa main reste délicatement posée sur la mienne.
Je sens mon corps se tendre. Elle aussi sans doute car alors que je m’apprête à jouir, elle retire ma main. J’ouvre la bouche pour pester contre cette interruption, mais avant que je n’aie pu émettre un son, sa bouche se plaque contre la mienne et m’embrasse férocement. Sa langue caresse chaque parcelle de la mienne, puis lèche mes lèvres et pour finir, elle mord très fort ma lèvre supérieure. Je pousse un grognement furieux.
« Je t’ai dit que c’était moi qui décidais quand et comment », murmure-t-elle à mon oreille.

Quelle salope… je ne pas pu m’empêcher d’esquisser un sourire. J’ai tellement envie de sa bouche…
Elle semble le savoir. Mais elle n’est pas prête à me la donner

Ses mains se posent sur mes hanches. Elle attrape ma main et redirige mes doigts en moi.
« Branle-toi », ordonne-t-elle.
Pendant que je m’y applique, elle revient embrasser mes cuisses, puis remonte lentement… sensuellement… dangereusement… j’ondule et me cambre pour lui offrir mon pelvis.
Elle retire mes doigts de mon vagin et, juste avant de les glisser dans sa bouche, m’ordonne dans un souffle : « Attrape mes cheveux, caresse mes cheveux. »
De ma main libre, je retire la pince qui maintient sa tignasse rousse et j’y enfonce la main.
Quand elle finit de lécher la cyprine de mes doigts, les lèvres de sa bouche se posent sur les lèvres de ma chatte. Sa langue s’en extirpe pour les caresser… Puis d’un grand coup de langue, elle lape mon sexe sur toute sa longueur. Sa langue est humide, chaude et délicieuse! Elle reprend mes doigts dans sa bouche puis les repose sur mon bourgeon.
« Joues! » m’intime-t-elle. Pendant quelques instants, mes doigts se mêlent à sa langue et tous jouent avec mon clito. Puis je sens ses doigts à elle s’introduire en moi.
Je sens à nouveau le plaisir grandir. Je fais de mon mieux pour ne pas le lui montrer et pouvoir jouir sans qu’elle m’en empêche. Je ne dois pas m’y prendre très bien, car au moment où je me dis que je ne vais pas pouvoir me contenir encore longtemps, elle me retire sa bouche et ma main. Elles sont comme suspendues au dessus de moi, attendant que ma respiration reprenne un rythme régulier. Sa main droite reste immobile, enfoncée en moi, et l’autre est partie à la recherche de mes seins… Elle les caresse par dessus mon soutien gorge et je maudis ce bout de tissu. Elle dégage un téton qu’elle lèche et suce avec une lenteur qui me déstabilise. Elle a recommencé à faire aller et venir ces doigts dans ma chatte.

« Ouvre les yeux. »
Je le fais et malgré le fait que je sois allongée, je suis prise de vertige.
« Regarde moi ». C’est seulement là que je remarque le vert presque émeraude de ces yeux. Malgré le loup, je sens l’intensité de son regard. J’ai du mal à le soutenir. Elle me baise littéralement avec ses doigts. J’ai envie de fermer les yeux pour m’abandonner à ce que je ressens, mais elle me l’interdit.

« Tu es excitée?… »
J’acquiesce d’un hochement de tête.
« Dis le! »
Je déglutis.
« Je… je suis très… excitée »
Elle retire brusquement sa main d’entre mes cuisses, m’attrape par le bassin, me soulève et m’attire jusqu’à sa bouche.

Je sens sa langue se raidir et commencer à me pénétrer… j’ondule doucement du bassin pour l’accompagner… J’ai terriblement envie d’elle. La toucher. La goûter. Mais je reste docile.
Sa lèvre supérieure joue avec mon clito. Ses gestes se font plus rapides, incisifs… Ses mains se crispent sur mon corps, mes fesses. Je malaxe mes seins, je mords mes lèvres, je plaque mes mains contre ma bouche. Elle a posé sa langue sur mon clito et le caresse à présent doucement.
Je sens le plaisir latent dans mon bas ventre exploser et irradier dans corps comme je jouis. Je pousse un hurlement que je n’essaie même pas de contenir et des deux mains j’attrape sa tête pour la plaquer encore plus sur mon pubis. Malgré les soubresauts qui me secouent, sa langue continue à me lécher méthodiquement. Elle se délecte de mon jus que je sens couler sur mes cuisses.

Elle ne me laisse aucun répit. Elle s’est redressée, à genoux face à mes cuisses écartées. Elle glisse un doigt. Elle me fouille, doucement, jusqu’à trouver ce qu’elle cherche. Elle glisse un deuxième doigt et applique une pression un peu plus appuyée. Ses va-et-vient se font plus insistants, plus rapides. Je perds toute conscience de l’endroit où je me trouve et même de mon corps. J’ai l’impression que je flotte. Je ne sens plus le lit sous moi. Je m’entends dire : « Non. Arrête. C’est trop. Je ne peux pas.  » Instinctivement, mon vagin se contracte puis se relâche, tentant d’expulser ses doigts. Mes mains agrippent les draps. Je me cambre. J’ai la bouche ouverte mais aucun son n’en sort. Elle accentue légèrement la pression et avant que je ne puisse réaliser ce qui va arriver, ce liquide jaillit de moi et lui éclabousse le visage. L’espace d’une seconde, je me sens confuse. J’ai envie de le lui dire, mais d’autres émotions viennent rapidement étouffer ma culpabilité. Mon corps se crispe. Mon vagin enserre ses doigts. Elle continue à me branler avec la même intensité jusqu’à ce que le dernier jet sorte de moi. Je suis haletante et étourdie. Je tente d’ouvrir les yeux pour essayer de reprendre conscience de mon environnement. C’est peine perdue. Lorsque que les contractions de mon vagin se font plus éparses, ses doigts me quittent. Je crois la sentir descendre du lit mais je suis dans un tel état de flottement que je pourrais tout aussi bien être en train de le rêver.
Je me tourne sur le côté en position fœtale et plonge dans un profond sommeil.

Des bruits de vaisselle provenant du salon m’en tirent. Sans bouger, j’ouvre les yeux. La pièce est baignée de soleil. Je me demande combien de temps j’ai dormi. Dans le salon, on déplace toujours la vaisselle. Je n’ai pas besoin de regarder pour savoir que ce n’est pas la même personne que celle qui était là hier soir. Les muscles de mes jambes sont engourdis. Je tends les jambes pour m’étirer et mon mollet se pose sur une zone complètement mouillée. Ça agit comme un électrochoc et les événements défilent en une fraction de seconde dans ma tête. Je me rappelle soudainement que ma robe est relevée jusqu’à ma poitrine et que mon intimité est exposée. Je me relève d’un bond avec l’intention de baisser ma robe, mais le garçon de chambre qui se tient à présent près du lit, les bras chargés d’un plateau rempli d’un copieux petit déjeuner, n’a pas l’air s’en émouvoir outre mesure.
« Bonjour Mademoiselle » me dit il en déposant le plateau sur le lit. « Comme vous n’étiez pas réveillée à mon arrivée, j’ai pris la liberté de reculer votre séance au spa d’une heure. »
Il doit lire la surprise et l’interrogation sur mon visage car il s’empresse d’ajouter :
« Le monsieur qui a réservé la chambre a pensé que ça vous ferait du bien après votre… soirée. »

Je souris.

Un excellent amant…

Je me dis qu’il faudra que je pense à le remercier.

Et je sais exactement comment.

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