Ronde : La fin du sexe ?

Je dis souvent en riant que je suis un livre ouvert, et c’est vrai.

Ceux qui me suivent depuis quelques temps le savent. Au risque d’être dépourvue de ce mystère que l’on dit indispensable à l’art de la séduction… (Dans son essai « Petit éloge du charme », Harold Cobert l’explique beaucoup mieux que je ne saurais le faire : je vous le recommande vivement.)

Je ne cache rien de ce qui m’émeut et/ou me révolte, tout comme je ne cache pas le manque d’orthodoxie de mes penchants sexuels. Je n’ai jamais caché non plus mes problèmes de dépression et de boulimie. Ils ont été une lutte et un défi continuels pour moi et ont connu leur apogée je crois, au cours des 4 ou 5 dernières années.

La conséquence la plus visible de ces pathologies, surtout pour ceux qui ignorent que j’en suis atteinte a été la prise de poids. Particulièrement spectaculaire durant les 3 années qui viennent de s’écouler.

J’ai observé sans vraiment le voir (ou sans vouloir le voir, il appartiendra un spécialiste de le déterminer) mon corps se transformer, et avec lui, la façon dont j’appréhende ma vie sexuelle.

Il m’est devenu plus difficile d’avoir des interactions sexuelles que je qualifie de vides : on se voit, on se plait, on échange le plus superficiellement possible et on baise. Si on se revoit tant mieux. Sinon, au(x) suivant(es). Je n’ai plus confiance en mon corps seul pour assurer le job. Du coup, les aventures d’un soir se raréfient et les très brèves se complexifient, ce qui dans le cadre du libertinage est quelque peu problématique.

Idem pour les soirées coquines privées ou en club. J’en fais beaucoup moins, voire plus du tout. Non que je n’en ai pas envie d’y assister voire de participer. Mais chaque fois (ou presque) que l’occasion se présente, mes peurs prennent le pas sur mes envies. Et si j’étais la seule ronde ? Et si les autres femmes se moquaient de moi ? Et si aucun homme n’avait envie de moi ? Et si je me retrouvais à passer la soirée seule ? Ce genre de craintes finit par annihiler toute excitation.

Et plus mon incursion dans le milieu libertin s’approfondit, moins je me sens rassurée. C’est difficile de se sentir comme faisant partie d’un groupe qui voue un culte au corps lorsqu’on est soi – même en lutte contre le sien. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles je ne me considèrerai vraiment jamais libertine. Je ne serai jamais à ma place dans un monde où l’intérêt et l’envie que suscite un individu sont déterminés par son apparence.

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