À préférer les weekends

La semaine dernière, j’ai rencontré un homme qui ne voulait pas coucher avec moi.
Pas parce que je ne lui plaisais pas, mais parce qu’il n’était pas amoureux de moi.
Du haut de ses 34 ans, il n’avait couché qu’avec 3 femmes dans sa vie : il était resté en couple 6 ans avec la première, 4 ans avec la seconde, 8 ans avec la dernière dont il venait de se séparer.
Il m’a complètement bouleversé ce jeune homme. Je crois que ça fait tellement longtemps que je vis entourée de libertins de toutes sortes que j’avais oublié que ce genre de personne existait.

La semaine dernière, j’ai revu un ancien amant que je n’avais pas vu depuis deux ans. Il revenait de vacances. Ces cheveux avaient drôlement poussé. Avec sa peau dorée, il ressemblait à un cliché de surfeur australien. Et ces mains… il a des mains magiques. Non seulement elles prodiguent de superbes massages, mais en plus elles ont le pouvoir de réveiller le désir même quand on croit que la semaine de travail a eu notre peau. Comme en plus il est bi, nos ébats sont toujours des plus… inventifs… Et après deux sans se voir, le bon vin aidant, la nuit a été extraordinaire mais trop courte. À tel point qu’on a prévu de se revoir quelques jours plus tard. Pourquoi attendre ? On avait encore tellement à explorer ensemble. Sur le pas de la porte, il a du mal à me lâcher. Il m’embrasse intensément… et ces mains… Il s’en serait fallu de peu pour nous recommencions ce que nous venions d’achever de faire, mais il était 5h du matin et il reprenait le travail à 8h.
« Je t’appelle demain dès que j’ai mon planning pour qu’on se programme une soirée dans la semaine. »
Le lendemain, rien.
Deux plus tard, toujours rien.
Trois jours après, un sms.
« Tu as beaucoup trop changé physiquement. Je te préférais moins en chair. Il vaut mieux qu’on ne se revoit pas. Bon courage pour la suite. »

La semaine dernière, j’ai reçu une lettre. Une vraie. Manuscrite. J’étais ravie. Je trouve que ça manque à notre époque les lettres, le choix du papier, de l’encre, de la grosseur de la pointe du stylo… L’expéditeur était un homme avec lequel j’étais sorti quelques fois. Il travaille avec un ami à moi et j’avais autorisé ce dernier à donner mon numéro à son collègue dont il me disait le plus grand bien depuis plusieurs semaines. Et il n’avait pas tort. Il était gentleman, drôle, ouvert, mélomane, aventurier, un peu trop ambitieux à mon goût mais bon, il y a pire comme défaut.
Pour notre premier rendez – vous nous avons été prendre un verre. Puis un autre. Puis dîner. Puis un autre verre. Il m’a raccompagné en taxi. Il m’a embrassé avec tant de fougue que je me voyais déjà en train de choisir la capote que j’allais utiliser. Mais comme je disais, gentleman… On n’a pas été plus loin. On s’est revu quelques fois, y compris des dîners avec mes amis les plus proches. Il est italien donc très sociable, presque exuberant. Tout le monde l’a adoré. On avait tellement de points communs et on partageait tellement la même vision de certaines choses dont la façon très décomplexée dont on parlait de notre sexualité et de la place que celle ci occupait dans notre vie, qu’il était évident pour tous, y compris nous deux, qu’on ferait un bout de chemin ensemble. Et le fait d’avoir cette lettre manuscrite entre les mains ne faisait que me conforter dans cette idée.
Ça c’était avant de l’ouvrir. J’ai dû m’y reprendre à 3 fois pour être sûre que je n’étais pas en train d’halluciner ce que je lisais.
Il m’expliquait se voyait vraiment faire sa vie avec moi. J’étais tout ce qu’une femme doit être (????) : intègre, belle, sexy, dévouée, intelligente, bonne cuisinière (wtf ?), passionnée, maternelle (WTF !?)… Bref, j’étais le genre de femme qu’il aurait pas honte de présenter à sa mère et à sa famille en Italie même si j’étais noire ( You’ve got to be be fucking kidding me ! ). Mais je voulais qu’on ait un avenir, il fallait que je renonce à mes pratiques sexuelles divergentes (you did not just write that…). Il ne voyait pas comment construire quelque chose avec une femme que ça ne dérangeait pas de voir son homme avec d’autres femmes, qui n’avait pas de scrupules à faire l’amour devant d’autres couples, voire avec eux et qu’on mon appétence pour la bisexualité masculine était franchement dérangeante. Quelles valeurs et quel message allais-je donc pouvoir transmettre à nos enfants (euh… lesquels?)? Cependant, il comprenait que je puisse avoir envie de femmes et bien qu’il n’accepterait pas que j’en vois seule, il était tout à fait disposé, si c’était important pour moi, à ce que de temps en temps, une nous rejoigne dans nos ébats (ben voyons !).
Voilà comment on tue une relation dans l’oeuf.
J’ai déchiré la lettre en mille morceaux, je les ai mis dans une enveloppe que je lui ai adressé.

Une réflexion sur “À préférer les weekends

  1. La tolérance c’est beau… mais quand elle est a sens unique c’est quand même beaucoup moins bien. Je trouve cela dommage (pour toi surtout) d’avoir en face de toi un homme partageant un bon nombre d’idée mais qui exclut d’une futur relation ce qui te plait. Je pense être dans la catégorie des gentlemen (c’est peut être la zone des 30 ans passées qui sait 😛 ) et toutes mes relations ont été de type exclusive et il ne me serait pas venu à l’esprit de limiter les envie de ma partenaire sous prétexte que cela ne me plait pas. Il y a toujours des compromis à trouver et à faire… Bonne continuation et au plaisir de suivre tes aventures

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