Me ramener au plaisir

Parfois, la renaissance prend des formes inattendues et arrive quand on ne s’y attendait plus. Parfois elle arrive parce qu’on vous trouve aussi désirable en survêtement qu’en guêpière.

Phase 1

Tu ne me touches pas. Tu sais que je n’en ai pas envie. Tu sais que j’ai plus besoin de l’ami que de l’amant en ce moment. Je suis décoiffée, emmitouflée dans mon vieux peignoir, j’ai les yeux cernés par mes nuits d’insomnie. Tu es assis près de moi sur le lit. Tu me parles. Ou plutôt tu me questionnes. Je n’ose pas lever la tête et croiser tes yeux. Ta main fait quelques tentatives pour s’approcher de ma cuisse, mais presque aussitôt, tu te ravises. Il est temps de partir. Debout dans l’encadrement de la porte, je sens que tu hésites. Tu prends ma main, tu me caresses mon visage, tu me serres dans tes bras. Je m’accroche à toi. Tu colles ton front contre le mien. Je sens ton souffle sur mes lèvres. Mais tu ne m’embrasses pas. Je sens que tu en as envie mais tu ne le fais. Est-ce parce que tu as peur? Ou sens tu que je ne suis pas prête ? Tu déposes un baiser sur mon nez et tu t’en vas.

Phase 2

J’ai quitté ma chambre. J’ai migré sur le canapé. J’ai tronqué mon peignoir contre un bas de survêtement et un hoodie amples et confortables. Tu me regardes l’air ravi. Tu es content me voir sourire. Tu tiens ma main. On rit. Je ne pense pas au sexe. Pas depuis longtemps. Tu le sais. Tu ne tente rien. Ça me rassure. Il est temps de partir. Je te raccompagne à la porte. Tu déposes un baiser sur ma joue. Puis un autre. Puis un autre. Tes lèvres arrivent finalement sur les miennes. On se regarde un instant. Tu dois partir. Mais ça fait tellement longtemps… On s’embrasse à nouveau. D’abord tout doucement. Puis de plus en plus passionnément. Je t’attire à l’intérieur et referme la porte. Je suis plaquée contre le mur, agrippée à ton cou. Tu embrasses mon cou à présent. Tes mains se glissent sous mon hoodie, caressent la peau de mon dos, puis de mon ventre . Elles remontent jusqu’à mes seins. Je frémis. J’avais oublié que je ne portais pas de soutien-gorge. J’avais oublié également à quoi ressemblait le désir. Je suis surprise par la chaleur qui se répand dans mon bas ventre. Mon clitoris qui frémit me décontenance et lorsque tes dents enserrent mon téton, je gémis. J’ai envie de te dire qu’on n’a pas le temps, que tu vas être en retard. Au lieu de ça, je déboutonne ton pantalon, je glisse mes mains dans ton boxer et je plaque ton pelvis contre mon bassin. Tu as déjà entrepris de fouiller mon entrejambe avec tes doigts quand moi aussi je dirige ma main sur ta queue. Tu gémis et tu baisses avec hâte mon pantalon et ma culotte. Je parviens à souffler « on n’a pas le temps » juste avant que tu enfonces à nouveau ta langue dans ma bouche. Je me retourne et je t’offre mes fesses. Tu te colles à moi mais tu ne me pénètres pas. Je sens que tu ne le feras pas. Pas tant que je ne te le demanderais pas. Ça provoque en moi un mélange de gratitude et d’excitation. J’attrape ta queue et la dépose entre mes fesses pour que tu t’en serves. Tu te colles contre moi. Pendant que tes mains pétrissent ma poitrine et que ta bouche embrasse mon dos, tu te branles entre mes fesses. Soudain je te sens te raidir. Tu gémis plus fort et je sens la chaleur de ton sperme se répandre sur le bas de mon dos.

Phase 3

Je sais que ce sera une visite éclair. Je suis toujours en tenue sportswear mais j’ai laissé tomber le hoodie pour un débardeur et un énorme gilet : mon glamour est en congés. Je sais depuis notre dernière rencontre que je suis à nouveau capable d’éprouver du désir mais je sais aussi que je n’ai pas forcément envie d’agir en conséquence. D’autant plus que je sais que tu ne resteras pas longtemps. Je suis contente d’avoir la tête posée sur tes jambes et de profiter de ces quelques minutes tranquillement sur le canapé. Et puis j’ai envie de t’enlacer. Je m’installe à califourchon sur toi et te serre contre moi. Je peux sentir ton sexe se durcir gonfler et durcir à travers ton pantalon. Je n’ai pas envie de commencer quelque chose que je ne pourrais pas finir. Mais lorsque tu poses ta main sur ma nuque pour m’attirer contre ta bouche, le désir envahit mon bas ventre et je me cambre. Par réflexe sans doute, j’ondule des hanches, frottant ainsi mon sexe contre le tien. Je ne sais pas au juste à quel moment mon gilet a été retiré, ni à quel moment les bretelles de mon débardeur sont tombées, mais ma poitrine est désormais à la merci de ta bouche et de tes mains. J’ai envie de sentir ta peau, de la goûter. Je déboutonne ta chemise. J’embrasse ton torse. Je le lèche. Tu me soulèves. Tu m’allonges sur le canapé. Tu retires mon pantalon. Tu déposes des baisers sur mon corps, sur mes cuisses, en remontant jusqu’à ma bouche. Tu murmures : »tu es sûre d’être prête? On n’est pas obligé… ». Je hoche la tête. Avec ton aide, j’ôte ton pantalon et ton boxer. Je n’ai pas ressenti un tel désir depuis longtemps. Je suis extrêmement nerveuse, comme une première fois. Je te le dis. « OK. On va s’arrêter là. On n’est pas obligé d’aller plus loin. » Tu souris et recommences à m’embrasser. La bouche. La nuque. Les seins. Le ventre…
J’ai envie de toi…
« J’ai envie de toi »
« Quoi?… »
« J’ai envie de toi »
« T’es sûre?… »
« Oui… prends moi. Mais très doucement. Et très lentement… »
Quand tu te rallonges sur moi après avoir enfilé le préservatif, tu ne me quittes pas des yeux. Tu prends ma main et la poses sur ton sexe pour que je le guide en moi. Tu te cales en moi et contre moi. Tu bouges à peine. J’ai les yeux fermés. Quand je ouvre les yeux, je croise ton regard inquiet. Je te rassure en bougeant mes hanches pour t’indiquer la cadence. Je sens ta queue aller et venir avec une lenteur que je ne lui connaissais pas encore. J’ai l’impression que tu explores chaque millimètres de mon vagin pour trouver la zone la plus sensible. Mes mains cherchent tes fesses, tes hanches, tes mains, n’importe quoi à attraper et à serrer. Je sais que je ne vais pas jouir, mais je veux que ces sensations de plaisir retrouvées durent aussi longtemps que possible. Mon esprit s’égare. Il m’entraîne vers nos fantasmes encore inassouvis, promesses d’autres extases à venir. Je ne sais pas si ce sont tes va-et-viens qui nourrissent mon imaginaire ou si c’est mon imaginaire qui augmente mon plaisir. Peu importe. Je me délecte des deux. Lorsque tu jouis, je rechigne à te laisser te retirer. Et tu n’es pas pressé non plus. Je prolonge les caresses, tu prolonges les baisers.

J’aimerais pouvoir te dire merci, te dire que je suis reconnaissante pour le desir retrouvé, te dire que ta patience et tes attentions m’ont touchées, te dire que j’attends déjà la prochaine fois et que je l’espère plus longue.

Mais je ne dis rien.

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